Lukas Nicot est un jeune journaliste, présenté comme la « star montante » dans le milieu du basket français. Après un long parcours, parfois sinueux, on le retrouve plus en plus présent lors d’événements sportifs pour Sports en France, France TV…
Partie 1: Lukas, « Journaliste sportif en devenir « The journalist »
1) Peux-tu nous présenter ton parcours depuis ta sortie de lycée?
Sorti de lycée où, j’ai fait un BAC Littéraire, j’ai suivi une fac d’histoire-géographie à la Sorbonne. Mais j’ai vite déchanté sur ce que cela m’apportait par rapport au temps passé en cours. Puis je suis entré dans une école, l’Institut européen de journalisme, pour 3ans et fait pas mal de stages dans le sport, mais aussi la culture, la politique… De fil en aiguille, j’ai commencé à bosser, avec la Fédération française de basket. A partir de là, je me suis un peu spécialisé dans le basket. Avant je bossais pour une émission culturelle « Thé ou café » où j’étais journaliste enquêteur. J’ai ensuite commencé à commenter des matchs pour la fédé et pour Sports en France, sur les matchs Pro, féminins… J’ai également bossé 3ans chez Winamax, qui montait une web-TV (2017-2020) J’avais une émission par jour, comme spécialiste NBA.
2) Tu viens d’avoir ta carte de presse. Quelles ont été tes principales difficultés pour l’obtenir ?
La difficulté, c’est qu’il faut travailler 3mois consécutifs pour un organe de presse. Moi, j’ai un parcours un peu atypique, car depuis que j’ai commencé en 2016, je n’arrivais pas à valider 3 mois de suite. J’ai commencé pour la Fédé, mais comme autoentrepreneur, avec des factures mais pour des sociétés privées. Avec France 2 ou France3, j’accumulais des contrats mais que des contrats courts. Depuis août 2023, j’enchainais avec France TV et j’ai validé 3mois et plus de 50% de mes revenus venant d’un organe de presse. J’ai pu enfin avoir le Graal, cette fameuse carte de presse. Il faut donc être très régulier, motivé et ne surtout pas lâcher !

3) Quel conseil donnerais-tu à un jeune qui souhaite devenir journaliste sportif ? Quelles sont les erreurs à éviter ?
Pour devenir journaliste sportif. Il faut déjà bien comprendre ce qu’est un journaliste, avec des qualités de volonté, force de travail et beaucoup de passion. Pour éviter les erreurs, il faut en fait les faire pour comprendre et se remettre en question. Il faut être parfois culotté pour enfoncer les portes. Mais c’est un long chemin.
4) Quelles sont tes références journalistiques ou les personnes qui t’ont inspiré dans ce milieu ?
Moi, j’ai toujours été passionné, depuis tout petit. Mes exemples, ce sont surtout des commentateurs, comme Thierry Gilardi, David Cozette ou Grégoire Margotton ou Alexandre Boyon de France TV.
5) Quel est ton programme à venir d’ici cet été? Sur quels évènements vas-tu travailler ?
Pour les JO, je n’ai rien pour l’instant. J’ai confiance en ma bonne étoile. J’ai mis les choses en place mais on dépend beaucoup des décideurs et des médias. L’été, pendant l’arrêt, je me suis converti en speaker pour des événements de basket, du 3×3, des tournois…

6) Quelle serait pour toi la compétition ultime à commenter ? Ton rêve ?
La compétition de mes rêves, c’est toujours les JO. C’est un objectif majeur pour moi, le plus gros tournoi du monde, avec les meilleures équipes. Pour avoir déjà commenté 8 matchs féminins, j’ai été subjugué et ça m’a donné envie d’en faire plus.
Partie 2: Lukas’s french basket
7) On commence à te voir de plus en plus présent sur le basket made in France. Quelle équipe vois-tu remporter le championnat de France en 2024 ?
Je vois le « Back To Back » pour Monaco, qui a de supers individualités, qui se connaissent bien. Et ils ont un riche effectif. Pas une mais 2 équipes en fait. Une équipe d’Euroleague dans un championnat de France, avec pas mal d’équipes moyennes, mais avec un ASVEL en principal rival qui me semble moins fort cette année.
8) Quel joueur t’a le plus impressionné depuis le début de la saison ?
Je suis surtout impressionné par des joueurs que j’attendais pas en début de saison, comme Bastien Vautier (17pts/moy et 8rbds avec le Portel cette année), Lucas Boucaud qui vient de Pro B et devenir l’un des meilleurs passeurs. J’aurais pas misé une pièce là-dessus. Zaccharie Risacher, Elie Okobo ou Mike James, c’est plus classique et attendu surtout.


9) Toi, le parisien, comment as-tu vécu « l’épopée » ou le buzz en 2023 autour de Wemby et des Mets 92 l’année dernière ?
Moi, je pense que ça dépassait le cadre parisien. C’était français et mondial. Ça remplissait des salles partout. Je n’avais jamais vu autant de monde pour les matchs. Il fait quelque chose de grand pour le basket français, ça apportait de l’exposition, des USA, de la NBA…
10) Et quelle carrière lui vois-tu en NBA, dans les années à venir ?
La suite de sa carrière, elle est sans limite. Quand je vois ce qu’il fait en statistiques, dans une équipe « moisie ». Comme un Donovan Mitchell ou Embiid qui fait 60 ou 70pts. Il est capable d’en faire autant. Il n’a pas de limites. Il prend soin de son corps… et il va durer et taper très loin.
Partie 3: Lukas, version NBA
11) Parlons un peu de NBA et de tes « premiers » amours. As-tu une équipe préférée dans la ligue nord-américaine ?
Mon équipe préférée, c’est les Celtics. On m’a offert un maillot de Paul Pierce quand j’étais petit. C’est la seule équipe que je supporte de tous les sports Pro.

12) Et ton GOAT en NBA ?
Michael Jordan. Même si j’ai grandi avec Lebron James dans ma génération. MJ, représente tellement le « winner » total. Il a fait 6 finales et il a gagné 6 titres. Lebron est énorme par sa longévité, ses stats (meilleur marqueur de tous les temps…). Mais Jordan a un aura, sa marque… il traverse les époques et il a un coté compétiteur supérieur pour moi. Un instant de killer, le vrai GOAT.
13) Quelle équipe vois-tu remporter le titre en 2024? et quel MVP ?
L’équipe que je vois gagner… et bien… les Celtics. Tout le monde attend ça du côté de Boston. Derrick White fait un boulot énorme. Porzingis est la bonne pioche et complète bien le roster. Jason Tatum et Jalen Brown jouent leurs rôles. Je vois Tatum en MVP à la fin de saison, « imbattable » à domicile.
14) Quelle équipe est la meilleure surprise pour toi? et la plus grosse déception ?
Ma plus belle surprise en NBA, ce sont les Wolves. J’ai l’impression de revoir Utah il y a quelques années. La saison 2 de Rudy Gobert est excellente. Pourront-ils confirmer en playoffs ? A voir… La plus grosse déception pour moi, ce sont les Spurs, dans le jeu qu’ils produisent. Ils lâchent trop de matchs. Sohan en meneur de jeu est une aberration. Sidy Cissoko ferait sans doute mieux. Les Spurs jouent encore à la loterie pick (Draft). Mais je suis assez déçu par la 1ère saison de Wemby à San Antonio.
Partie 4: … les JO à Paris ?
15) La question ultime, pense-tu que l’équipe de France puisse accrocher une médaille lors des JO Paris 2024 ?
Une chance d’aller chercher une médaille ? On part dans l’inconnu. C’est l’année 0, avec Wemby. Le gros problème, c’est le poste de meneur de jeu. Thomas Heurtel est en Russie (donc non sélectionnable), Nando de Colo est vieillissant et pas à son poste, Fournier sur les postes extérieurs, ne joue plus comme avant. On a une bonne assise en défense et dans la raquette avec Gobert et Wemby, mais d’autres équipes semblent en avance et pour choper une médaille, ça s’annonce compliqué.
Merci à Lukas et bonne continuation sur et en dehors des parquets pour les années à venir. On va continuer de te suivre et t’écouter surtout !

